La teinte a été choisie à la lumière du jour. Le laboratoire a utilisé exactement la céramique et la teinte indiquées sur la prescription. Les facettes sont pourtant revenues ternes et grises. Leur couleur rappelle davantage le gris que l’on attendrait après vingt ans de tabac que la teinte que vous aviez choisie.
L’explication tient à la cuisson de la céramique. Comme en cuisine, le résultat dépend de la propreté du lieu, de la précision du four et du nombre de fois où le plat y retourne. Quand le matériau et la teinte étaient les bons, la différence vient généralement de ce qui s’est passé au laboratoire.
Pourquoi la teinte prescrite n’est qu’un point de départ
L’échantillon utilisé pour choisir la teinte est fait de plusieurs millimètres de céramique d’une seule couleur. Une dent, elle, comporte plusieurs couches. La dentine, à l’intérieur, apporte chaleur et profondeur à la couleur. L’émail qui la recouvre est translucide : il laisse passer la lumière et la diffuse. Une facette de 0,5 mm d’épaisseur ou moins laisse très peu de place pour reproduire ces couches. La couleur de la dent en dessous et le savoir-faire du prothésiste déterminent donc une grande part du résultat.
Dans la céramique, le gris correspond généralement à un manque de luminosité. La lumière entre, mais ne ressort pas. La facette paraît donc sombre et terne, même si sa nuance correspond à celle de l’échantillon. Une facette trop translucide peut aussi paraître grise : elle laisse voir la dent préparée, plus sombre, ainsi que l’intérieur de la bouche.
1. Des impuretés visibles seulement après la cuisson
La céramique est cuite jusqu’à ce que ses particules fusionnent. Tout ce qui se trouve à sa surface cuit avec elle : poussière de carbone, graphite d’un crayon utilisé pour la marquer, résidus d’un instrument ou du plan de travail. Une fois enfermées à l’intérieur, ces impuretés apparaissent sous forme de points sombres ou donnent à la facette un aspect terne. Ni le polissage ni le blanchiment ne peuvent les éliminer. La seule solution est de refaire la facette.
Un laboratoire soigneux évite cette contamination en suivant des règles de travail précises. Il garde le plan de travail propre, réserve des instruments à la céramique et trace la forme sur le modèle des dents, plutôt que sur la céramique. Il examine aussi la facette sous une lumière forte avant chaque cuisson. C’est la dernière occasion de retirer les impuretés.
2. La précision du four dépend de son dernier réglage
Le programme de cuisson du fabricant sert de point de départ. Il suppose un four dont la température a été vérifiée et réglée avec précision. Le four perd en précision quand ses éléments chauffants et ses capteurs vieillissent. La température affichée n’est pas toujours celle au niveau de la céramique.
Une céramique qui n’est pas assez cuite tend à rester opaque, avec un aspect de craie. Trop cuite, elle prend un aspect de verre, perd sa texture de surface et tend à virer au gris. Un laboratoire soigneux vérifie et règle donc ses fours selon un calendrier écrit, et pas seulement lorsqu’un résultat paraît anormal.
3. Chaque cuisson supplémentaire accentue le gris
Tout commence généralement avec de bonnes intentions. Chaque petite correction, comme « allongez un peu celle-ci » ou « ajoutez un peu ici », demande une cuisson de plus. Chaque passage au four modifie légèrement la céramique : les reliefs de surface s’arrondissent et perdent leurs détails fins, la translucidité des couches change et la couleur tire vers le gris. Après cinq retours au four pour des corrections, la facette n’est plus celle qu’on vous avait montrée.
Si un détail ne convient pas tout à fait, une approche honnête consiste à faire un petit ajustement, idéalement sans nouvelle cuisson, à accepter un très léger défaut ou à refaire la facette. Les corrections répétées devraient rester rares : on finit par obtenir la bonne forme, mais la céramique a perdu son caractère.
4. Des couches, pas une couleur peinte en surface
Une facette pressée à partir d’un seul bloc, puis finie avec des colorants de surface, a une couleur uniforme dans toute son épaisseur. Les détails sont peints par-dessus. Elle peut sembler correcte sous la lampe du fauteuil dentaire, mais manquer de profondeur à la lumière du jour, car elle n’a pas de couche interne pour créer cet effet.
Une facette réalisée en plusieurs couches (stratification ou cut-back) contient une couche de céramique qui imite la dentine. Une céramique translucide qui imite l’émail la recouvre. La lumière entre, se réfléchit sur la couche de dentine et ressort : c’est ce qui donne de la profondeur. Même une facette fine gagne à avoir une fine couche de dentine, si l’épaisseur le permet.
5. Du métal là où il ne devrait pas y en avoir
Une spatule métallique utilisée pour mélanger ou modeler la céramique peut y laisser de fines particules de métal. Elles donnent une coloration grise ou sombre à la cuisson. Un travail soigné de la céramique se fait avec des spatules en verre, en plastique ou en agate, et des pinceaux réservés à la céramique. C’est un petit détail, mais un choix délibéré dans le travail quotidien.

Ce que cela change dans le choix d’une clinique
Quand vous comparez des cliniques pour des facettes dentaires, le laboratoire détermine une grande part du résultat. Pourtant, aucune des étapes décrites ici n’apparaît sur le devis. Un devis très bas pour des facettes laisse peu de marge pour y consacrer le temps nécessaire. Ces quatre questions vous en apprendront davantage que le nom de la céramique :
- Qui fabrique les facettes ? Votre dentiste travaille-t-il régulièrement avec le même prothésiste ?
- Un essayage est-il prévu avant tout collage ?
- Si quelque chose ne va pas à l’essayage, la règle prévoit-elle de refaire la facette ou de multiplier les cuissons ?
- Pouvez-vous voir une maquette à la lumière du jour avant toute préparation des dents ?
Notre façon de travailler
Le laboratoire avec lequel nous travaillons suit ces règles : un plan de travail propre, des instruments réservés à la céramique, des fours contrôlés et réglés selon un calendrier, une couche de dentine partout où l’épaisseur le permet et aucun métal dans la céramique. Nous convenons de la forme et de la teinte avant de fabriquer les facettes, à partir de photographies et, si cela aide, d’une maquette. Nous confirmons ces choix à l’essayage. Nous limitons les cuissons au minimum et préférons refaire une facette plutôt que de multiplier les cuissons.
Les couronnes en céramique sur les dents de devant peuvent aussi paraître grises pour les mêmes raisons. Le résultat n’est pas assuré pour autant : ces précautions sont notre façon de traiter les causes qui peuvent être évitées.
Si vos facettes sont déjà grises
La couleur grise peut venir de la céramique, du ciment qui sert à coller la facette ou de la dent en dessous. Elle peut aussi venir d’une facette trop fine ou trop translucide, ou d’un bord sombre là où la gencive a reculé. Chaque cause demande une solution différente. Ni le blanchiment ni le polissage ne peuvent éliminer le gris situé à l’intérieur de la céramique. La seule solution est alors de remplacer la facette.
Commencez par demander un second avis pour identifier la cause. Notre page consacrée au second avis explique comment nous abordons l’examen. Si la solution est de remplacer les facettes, considérez ce remplacement comme un nouveau projet plutôt que comme une réparation. Lisez alors notre guide Planifier une transformation du sourire avant de prendre rendez-vous.
Pourquoi mes facettes paraissent-elles grises ou ternes ?
Le plus souvent, elles manquent de luminosité : la lumière entre dans la céramique, mais trop peu en ressort. Cela peut venir du travail au laboratoire et de la cuisson, du ciment de collage, d’une dent plus sombre visible par transparence ou d’une facette trop translucide. L’éclairage compte aussi. La lumière du jour révèle souvent un manque de profondeur que l’éclairage du cabinet masque.
Peut-on blanchir ou polir des facettes grises ?
Pas si le gris se trouve à l’intérieur de la céramique. Le gel de blanchiment n’agit pas sur la céramique, et le polissage ne touche que la surface. Une coloration en surface peut parfois être éliminée par polissage. Si le gris est à l’intérieur, il faut refaire la facette.
Une facette plus fine paraît-elle toujours plus grise ?
Pas toujours. Une facette très fine laisse moins de place à une couche de dentine et masque moins la dent en dessous. La couleur de cette dent et le savoir-faire du prothésiste comptent donc davantage. Selon la position des dents, une facette légèrement plus épaisse donne parfois une couleur plus satisfaisante sans retirer plus de matière à la dent. Ce choix se fait lors de la planification du traitement.
Une marque de céramique plus chère est-elle la solution ?
Rarement à elle seule. Le travail de la céramique compte davantage que la marque. Un même bloc d’une céramique connue, dans la même teinte, donne des résultats différents selon le prothésiste qui le travaille.
Combien de fois peut-on recuire une facette ?
Il n’existe pas de nombre fixe. Chaque cuisson réduit les reliefs de surface et fait perdre une partie de la profondeur créée par les couches. Un laboratoire soigneux cherche donc à limiter les cuissons au minimum et refait une facette plutôt que de la recuire à répétition.
Vous avez encore des questions ?
Décrivez-nous votre problème ; nous vous expliquerons les prochaines étapes avant que vous preniez rendez-vous.



